dimanche 26 juin 2016

 

Lolita, 

Plus de joie, plus de rires, les flacons de shampooing parfum fraise et fruits d'amour sont vides. Le lit est défait, et toi tu n'es plus là. J'étais dans le rêve d'une petite fille, de ma petite fille. Celle qui criait de joie en promesse d'une crêpe sucrée, ivre bonheur des cœurs encore purs.
À jamais dans les jardins que l'on a ratissés poussent les fleurs de ma nostalgie. Tous les mots que tu as lancé, petits oiseaux que j'ai tous retenus, je les cajole et les tiens prisonniers. C'est comme du pain béni qu'on baise lorsque l'on a tant faim de vie. Je suis ton tendre nourricier, ton tendre ambulancier, ton tendre serviteur, ton tendre Tout qui obéit à tout. Ma petite buveuse de mélancolie, alchimiste de l'insouciance. Notre destin était trop beau. Il offensait les malheureux.
Lolita, mon rêve éternel, mon pain sucré au sourire à jamais évanoui. Laisse moi boire le sang qui soulagera tous tes malheurs, je suis mort avec toi, je veux mourir avec toi. La mémoire de ton souvenir fait partie de mon combat, de la légion contre ce monde qui ne tolère que la chiasse de la force et de l'argent.

                                                                                                   23 juin 2016


mardi 29 juillet 2014





« Je gouverne en ton coeur, réceptacle d'infinies douceurs, écrin de caresses ensanglantées. Ta mort prochaine sera ma couronne, mon plus beau diadème! » dit le roi Amour.
« Ne comprends-tu pas que nul n'a survécu sous mon règne? Que les esprits apaisés ne m'observent qu'au plus haut des cieux? »




samedi 26 octobre 2013

NUIT (1)

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Contemplation, espace et distance. 

Qui comprend aujourd'hui que l'esprit se révèle à la nuit? Le monde des corps appartient, lui, au jour. La nuit; cette dame enchanteresse, admirable consolatrice des âmes en dérive dans leurs questionnements sur une existence sans cesse à questionner; nourricière de l'esprit, généreuse, fidèle et fuyante, à l'aspect austère et pourtant rassurant. Faut-il être écrivain, peintre ou malheureux pour s'abandonner à la déesse noire et céleste? Elle sait draper d'un voile les passions qui nous assomment. Elle offre le silence, remède aux âmes déchirées, le vide, la conscience, l'intériorité, la distance à la matérialité; cette fabrication du déchainement annoncée dans la déflagration du noir brut au lever du jour. Là, le monde des corps s'active dans une respiration haletante à la recherche du progrès et sa stimulation brutale, scientifique, plombante, artificielle. Le monde quantifié, solide, inaltérable. Mortelle avalanche des humains avariés nourrit d'une majesté maintenant évanouie.
Que les jours soient des nuits et ces nuits éternelles et fleurissantes. Mais une nuit de l'esprit, une nuit plus céleste que celle de l'atmosphère, sans la tutelle de cette déesse trop attachante. Juste la délivrance dans le vide et l'obscur, au sein d'un monde éteint du feu des passions et ses activités aliénantes. Où resplendit au loin la sainte bienveillance du divin depuis son temple hospitalier aux chambres infinies. Éteint le feu de l'esprit et le feu terrestre s'éteindra. C'est donc ça. L'esprit plus fort que la matière. Le corps soumis à l'esprit, la volonté, l'intelligence. Un soleil englouti sur l'horizon terrestre agonisant de lueurs de sang qui en font la beauté. C'est la métanoïa, la plongée intérieure au sein du monde liquide débarrassé des pesanteurs du jour. La ligne d'horizon s'est tue, les mers et les cieux ne font plus qu'un dans l'unité sainte de la nuit et sa couleur impartiale.
Chaque nuit est un cycle, une vie, un humain, un esprit.